Je veux ce que je suis : mais est-ce bon pour moi ?

On se demande souvent pourquoi on matche avec telle ou telle personne, en une fraction de seconde parfois ! Il arrive même qu'on soit agacé d'attirer toujours le même genre de personne , parfois néfaste pour soi !

De la même manière, on s'autorise à rechercher ce qui nous est plus facile en approche et ressenti. Je suis gai, je ne veux pas être entouré de gens tristes. Je suis dynamique, je ne recruterai pas un mou. Je suis grande, je ne sortirai pas avec un homme plus petit que moi. J'aime bien sa tête, je vote pour lui.

 

Pourquoi réagissons-nous ainsi ?

 

La grande majorité de la réponse vient du fait que nos schémas d'enfance sont conditionnés à nous faire agir ainsi. Dès notre présence dans le ventre de notre mère, nous recevons des références culturelles de famille qui englobent autant des ressentis que des parfums, des sons, des comportements. C'est à la naissance que la pratique se met en place et par ce que cet environnement vous est familier et l'unique repère (sauf pour les orphelins, enfants abandonnés qui garderont toutefois ces références), vous pratiquez ces références avec aisance sans chercher même à comprendre, dans un premier temps, si cela vous convient, est bien ou pas.

 

La confrontation se fera en fréquentant des personnes différentes, par exemple à la crèche. Découvrir d'autres comportements, idées, ressentis, se confronter à des personnes ayant d'autres références obligent à recadrer ses propres références qui seront conservées en l'état, améliorer, détournées, changées, cassées... Elles se forgeront selon le caractère et profil de l'individu et cela peut commencer dès la petite enfance.

 

Toutefois, même si ces références sont cassées, l'attirance envers ce que l'on fuit peut très bien s'effectuer. Et c'est la question qui perturbe : pourquoi alors que je n'en veux pas ? Pourquoi alors que j'aimerais changer cela ?

 

Si on arrive à simplement se poser les bonnes questions qui feront travailler notre raison plus que notre affectif, les réponses viendront d'elles mêmes. Es-ce qu'une personne triste dans mon entourage me nuirait ? Finalement cette personne est-elle triste temporairement ou continuellement ? Mais qu'elle est la cause de sa tristesse et … puis-je l'aider ? Si c'est le cas en ai-je le temps, l'envie ?

 

Rester dans des environnements qui nous attirent par ce qu'ils sont dans nos références ne nous permet pas d'évoluer, se remettre en question et développer des potentiels nouveaux.

 

Est ce qu'une personne molle dans une équipe dynamique ne temporiserait-elle pas ce côté trop pushy ? Ne deviendrait-elle pas dynamique au contact des autres ? N'est ce pas un ressenti en recrutement lié au stress ?

 

Le fait de sortir avec un homme plus petit n'est-il pas du fait que culturellement dans notre société, et dans nos références, les couples sont composés d'un homme plus grand que la femme ? Y a -il d'autres références montrant la femme plus grande que l'homme ? En quoi cela est génant et pour qui ? Ou est-ce écrit que l'homme doit être plus grand que la femme ?

 

Enfin, je vote pour la bonne bouille qui me plaît par ce qu'elle parle à mes références. Ce candidat au présidentielle doit-il me plaire ? Quel est sa mission ? Que doit-il accomplir ? A-t-il le profil de plaire à ses futurs collaborateurs mondiaux s'il est élu ? A-t-il le profil d'accomplir la mission pour laquelle il essaie de me séduire afin d'avoir mon vote ? Cela remet fortement en question le fait d'être ranger dans une case avec une couleur par ce qu'on aime bien ce candidat mais qu'on votera pour la personne apte à remplir une mission !

 

En se questionnant suivant le contexte, chaque référence est remise en cause et, de fait, développe le potentiel de chacun d'entre nous. Il suffit juste de le vouloir, de ne pas agir impulsivement, mais de réfléchir en se posant plusieurs questions suivant l'objectif, la cible et soi-même. Ainsi, vos références seront moins dangereuses pour vous puisqu'elles n'auront plus une emprise sur l'action immédiate mais sur la réflexion.

 

Nadine Touzeau
Profiler, net-profiler, chercheur en comportement des cybercriminels

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